28.06.2009
Vieux-Port/Julia
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27.06.2009
Déménager sur la lune
Un grand vide en dedans. De jus. De vie. D'idées. Une grande page blanche avec du vent qui souffle dessus. Pour la faire claquer. Pour que je l'entende rire de moi par l'intérieur. Pour qu'affolée, j'essaie de l'arrêter avec mes doigts, que je la fasse taire ou que je la fasse parler pour moi. Trop? Pas assez? J'ai l'impression que ces deux questions s'appliquent comme un vernis sur tout ce que je suis. Je devrais fermer les yeux forts sur moi-même et ne m'occuper que du dehors. Faire sur les autres. Je cours dans tous les sens et je m'épuise. Ça en est ridicule. Des idées mort-nées. Tout le temps. La plupart du temps. Je ne me sens même plus la force d'être une éponge. Je stagne. Dans mon jus. Et ça commence à puer.
J'ai envie de partir en peur. J'ai envie d'aimer plein, fort, vraiment. J'ai envie de rire très fort. J'ai envie de tuer ma peur, de plonger ma main dans mon nombril et de l'agripper, de l'arracher, de l'émietter et de la regarder brûler dans la ruelle arrière. Je veux retourner à Toronto. Je veux être le 18 juillet. Je veux pleurer un lac artificiel et me sauver par la grande porte de mon appartement. Je veux rire. Je veux casser les portes en verre de l'université. Je veux manger de la porcelaine. Je veux vomir du gris. Je veux chasser l'ordinaire. Je veux laisser tous les restes de côté et m'occuper du plat principal. Je veux être un dimanche matin tôt. Je veux l'enlever quelques jours et l'avoir toute à moi. Je veux fumer sans que ça compte. Je veux mourir le temps d'une nuit. Je veux me faire lire les étoiles. Je veux lancer des chandelles dans les feux d'artifices. Je veux déranger tout le monde et qu'ils m'aiment quand même. Merde.
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26.06.2009
Empreintes
J'ai perdu l'habitude de laisser mon appareil sorti et pourtant, je devrais... en particulier pour lui. Je sais que personne d'autre que moi n'aura jamais le regard que j'ai pour lui. Parce que moi, je l'ai même regardé du dedans. Je l'ai senti grandir dans mes mers intérieures. Je l'ai aimé tellement fort qu'il en est sorti de mes chairs et qu'il y a laissé son empreinte. Mon ventre est un moule de lui plein de l'écho de ses pleurs, de ses rires, de sa voix. Mon ventre est un kaléidoscope, une caméra 16 mm, une enregistreuse-cassette, un porte-voix, un écran géant, une toile montée, un microphone pour une flûte à coulisse, un crayon de cire, un caméléon en plastique, un harmonica rose, un atomiseur bleu, un collier mauve. Pendant qu'à mon tour, j'essaie de laisser mon empreinte en lui.
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