08.07.2009

pensée no2

Il y a des gens, des mots, des instants, des choses qu'il faut laisser aller, qu'il faut laisser partir très loin et devenir autre chose. Tout comme il y en a d'autres qu'il faut se laisser prendre, qu'il faut laisser entrer très loin. Et c'est surtout celles là qu'on doit laisser devenir ce qu'elles voudront bien.

04.07.2009

pensée no1

Ce n'est que lorsque l'on ose être complètement soi-même que les autres nous pardonnent de ne pas être complètement comme eux.

les abricots

Ses sourires sont collants et sentent l'abricot: c'est l'été. Je ne sais trop comment comment tout finira; je ne sais même pas comment tout commence et c'est très bien. J'arrive à nouveau à goûter des yeux: j'avais presque oublié. Il faut croire que ma vie est une ballade à bicyclette: je ne peux jamais tout à fait perdre pied. Et lui, il dévore les secrets orangés des abricots. Et moi je ne peux que faire comme lui: je savoure le temps qui passe et je recrache ses noyaux, le sourire tout collant d'été.

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01.07.2009

Vieux-Port/Chantier

Encore une photo prise au Vieux-Port, un peu un autoportrait. J'ai vraiment l'impression d'être en chantier, en réparation, en fermeture temporaire. L'an prochain, dans quelques semaines, demain... tout ça est beaucoup, beaucoup trop loin. Maintenant. Maintenant, j'arrête un peu de m'en faire et je me regarde finir de guérir.

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Territoires

Jour de grande rêverie: mes yeux accueillaient les échos du petit matin à travers un peu de tout. J'ai eu du mal à dessiner parce que je la revoyais prendre toute la place dans la nuit de ma chambre. J'aurais aimé dessiner sa blancheur pleine partout sur une feuille de papier. J'ai écrit sur sa peau des années-lumière de mots avec mes doigts et ma bouche. À côté d'elle, j'ai laissé tout le reste en suspend.

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28.06.2009

Vieux-Port/Ruelle

On se faisait la réflexion avec Julia aujourd'hui qu'aucun Montréalais normalement constitué ne connaissait vraiment bien le Vieux-Port. C'est probablement là où réside tout son intérêt d'ailleurs. C'est un peu comme la ville de Québec... on n'y va pas pour se retrouver mais bien pour s'y perdre. Cet après-midi, tout y était. Les touristes. Les cafés trop chers. Le soleil de fou. La sueur, surtout la mienne. De la brique. Du métal. Des travaux. Des pavés. Encore plus de touristes. Des pas-oeuvres-d'art. Et moi. Mais moi, je n'étais pas vraiment là.

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Vieux-Port/Julia

Durant quelques heures, j'ai oublié un peu. Les cartes n'étaient pas là mais elles oui, elle surtout. Petite virée au Vieux-Port toute la journée dans l'attente de quelque chose. Peut-être même dans l'attente de rien du tout. Dorénavant, j'aimerais n'attendre que rien du tout.

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27.06.2009

Déménager sur la lune

Un grand vide en dedans. De jus. De vie. D'idées. Une grande page blanche avec du vent qui souffle dessus. Pour la faire claquer. Pour que je l'entende rire de moi par l'intérieur. Pour qu'affolée, j'essaie de l'arrêter avec mes doigts, que je la fasse taire ou que je la fasse parler pour moi. Trop? Pas assez? J'ai l'impression que ces deux questions s'appliquent comme un vernis sur tout ce que je suis. Je devrais fermer les yeux forts sur moi-même et ne m'occuper que du dehors. Faire sur les autres. Je cours dans tous les sens et je m'épuise. Ça en est ridicule. Des idées mort-nées. Tout le temps. La plupart du temps. Je ne me sens même plus la force d'être une éponge. Je stagne. Dans mon jus. Et ça commence à puer.

J'ai envie de partir en peur. J'ai envie d'aimer plein, fort, vraiment. J'ai envie de rire très fort. J'ai envie de tuer ma peur, de plonger ma main dans mon nombril et de l'agripper, de l'arracher, de l'émietter et de la regarder brûler dans la ruelle arrière. Je veux retourner à Toronto. Je veux être le 18 juillet. Je veux pleurer un lac artificiel et me sauver par la grande porte de mon appartement. Je veux rire. Je veux casser les portes en verre de l'université. Je veux manger de la porcelaine. Je veux vomir du gris. Je veux chasser l'ordinaire. Je veux laisser tous les restes de côté et m'occuper du plat principal. Je veux être un dimanche matin tôt. Je veux l'enlever quelques jours et l'avoir toute à moi. Je veux fumer sans que ça compte. Je veux mourir le temps d'une nuit. Je veux me faire lire les étoiles. Je veux lancer des chandelles dans les feux d'artifices. Je veux déranger tout le monde et qu'ils m'aiment quand même. Merde.

26.06.2009

Empreintes

J'ai perdu l'habitude de laisser mon appareil sorti et pourtant, je devrais... en particulier pour lui. Je sais que personne d'autre que moi n'aura jamais le regard que j'ai pour lui. Parce que moi, je l'ai même regardé du dedans. Je l'ai senti grandir dans mes mers intérieures. Je l'ai aimé tellement fort qu'il en est sorti de mes chairs et qu'il y a laissé son empreinte. Mon ventre est un moule de lui plein de l'écho de ses pleurs, de ses rires, de sa voix. Mon ventre est un kaléidoscope, une caméra 16 mm, une enregistreuse-cassette, un porte-voix, un écran géant, une toile montée, un microphone pour une flûte à coulisse, un crayon de cire, un caméléon en plastique, un harmonica rose, un atomiseur bleu, un collier mauve. Pendant qu'à mon tour, j'essaie de laisser mon empreinte en lui.

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23.06.2009

Une pause

Après une année de fou pleine d'histoires-de-pas-amour, de lectures, lectures, lectures, de projets dans les airs ou par terre... je décide de dessiner un bouton d'arrêt au milieu de mon été et de laisser le temps, mon fils, l'alcool, Montréal, mes amis et la musique me prendre par la main. Il sera toujours temps de faire un autre cours de Socio, de faire la vaisselle, de mettre de l'ordre dans mes papiers, d'être sérieuse... Je vais essayer de ne pas être sage, de fermer les yeux plus souvent et plus longtemps (surtout seule), de dessiner (puisqu'il le faut!) et d'attraper du repos. Je veux faire un ultra souper pour mon anniversaire, je veux partir pour Percé en train avec mon acrobate-tigre: je veux oublier l'année de fou pleine d'histoires-de-pas-amour, de lectures, lectures, lectures, de projets dans les airs ou par terre. Il faut que je laisse sécher. Autrement, je ne vois vraiment pas comment je pourrai en rajouter une couche cet automne.

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