04.07.2009

les abricots

Ses sourires sont collants et sentent l'abricot: c'est l'été. Je ne sais trop comment comment tout finira; je ne sais même pas comment tout commence et c'est très bien. J'arrive à nouveau à goûter des yeux: j'avais presque oublié. Il faut croire que ma vie est une ballade à bicyclette: je ne peux jamais tout à fait perdre pied. Et lui, il dévore les secrets orangés des abricots. Et moi je ne peux que faire comme lui: je savoure le temps qui passe et je recrache ses noyaux, le sourire tout collant d'été.

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01.07.2009

Vieux-Port/Chantier

Encore une photo prise au Vieux-Port, un peu un autoportrait. J'ai vraiment l'impression d'être en chantier, en réparation, en fermeture temporaire. L'an prochain, dans quelques semaines, demain... tout ça est beaucoup, beaucoup trop loin. Maintenant. Maintenant, j'arrête un peu de m'en faire et je me regarde finir de guérir.

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28.06.2009

Vieux-Port/Ruelle

On se faisait la réflexion avec Julia aujourd'hui qu'aucun Montréalais normalement constitué ne connaissait vraiment bien le Vieux-Port. C'est probablement là où réside tout son intérêt d'ailleurs. C'est un peu comme la ville de Québec... on n'y va pas pour se retrouver mais bien pour s'y perdre. Cet après-midi, tout y était. Les touristes. Les cafés trop chers. Le soleil de fou. La sueur, surtout la mienne. De la brique. Du métal. Des travaux. Des pavés. Encore plus de touristes. Des pas-oeuvres-d'art. Et moi. Mais moi, je n'étais pas vraiment là.

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Vieux-Port/Julia

Durant quelques heures, j'ai oublié un peu. Les cartes n'étaient pas là mais elles oui, elle surtout. Petite virée au Vieux-Port toute la journée dans l'attente de quelque chose. Peut-être même dans l'attente de rien du tout. Dorénavant, j'aimerais n'attendre que rien du tout.

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26.06.2009

Empreintes

J'ai perdu l'habitude de laisser mon appareil sorti et pourtant, je devrais... en particulier pour lui. Je sais que personne d'autre que moi n'aura jamais le regard que j'ai pour lui. Parce que moi, je l'ai même regardé du dedans. Je l'ai senti grandir dans mes mers intérieures. Je l'ai aimé tellement fort qu'il en est sorti de mes chairs et qu'il y a laissé son empreinte. Mon ventre est un moule de lui plein de l'écho de ses pleurs, de ses rires, de sa voix. Mon ventre est un kaléidoscope, une caméra 16 mm, une enregistreuse-cassette, un porte-voix, un écran géant, une toile montée, un microphone pour une flûte à coulisse, un crayon de cire, un caméléon en plastique, un harmonica rose, un atomiseur bleu, un collier mauve. Pendant qu'à mon tour, j'essaie de laisser mon empreinte en lui.

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